Dans l’accompagnement vers l’emploi, certaines phrases reviennent souvent. Des phrases qui se disent souvent par habitude. Et parfois, à force d’être répétées, ces habitudes finissent par devenir des certitudes.
J’ai récemment accompagné une personne considérée comme « senior » qui arrivait à chaque rendez-vous avec beaucoup de découragement :
« J’envoie des candidatures, mais personne ne me répond… »
« De toute façon, à mon âge, c’est compliqué… »
Petit à petit, je me suis rendu compte que cette conviction prenait toute la place. Avant même un échange avec un recruteur, la personne se préparait déjà à un refus.
Alors, je n’ai pas cherché à tout changer d’un coup. J’ai surtout essayé de déplacer le regard pour créer de nouvelles habitude ; c’est à dire de remettre ses compétences au centre de nos échanges, de valoriser son expérience autrement et de travailler la manière dont cette personne parlait de son parcours.
Progressivement, quelque chose a changé. Le ton était différent, la posture aussi. Et les échanges avec les recruteurs sont devenus plus ouverts.
Bien sûr, il n’existe pas de solution miracle.
Mais parfois, un petit changement dans la manière de se percevoir peut modifier toute une dynamique.
Et dans nos accompagnements, ces petits déplacements, ces habitudes qui changent, peuvent avoir beaucoup plus d’impact qu’on ne l’imagine.
Merci à Abderemane Ahamed, conseillers en insertion socioprofessionnelle d’Elantiel, pour le partage de cette expérience. L’approche systémique nous apprend à repérer ces boucles de perception qui disent tant sur la façon dont une personne se perçoit et perçoit son environnement. Et quand ces habitudes de pensées deviennent délétères, s’attacher à les déconstruire permet peu à peut aux personnes de se voir autrement.



