Et si…Le non-jugement et le non-pathologisant induit par la posture systémique faisait loi dans l’accompagnement socio-professionnel ?
Trop souvent, par méconnaissance de la vie de la personne que l’on reçoit ou par la force des préjugés, nous pouvons être amenés à émettre un jugement sur la façon qu’a la personne accompagnée de se mobiliser dans son parcours, ou plutôt, de ne pas se mobiliser comme on le voudrait.
« Mais pourquoi ne s’est-elle pas rendue au Job dating dont nous avions parlé au dernier entretien ? », « Elle doit être feignante, c’est sûr », « Elle a préféré dormir » ou encore « C’est une profiteuse du système ».
Peut-être…
Et peut-être que cette personne souffre d’anxiété. Peut-être qu’après s’être rendue à plusieurs salons dans sa vie de demandeuse d’emploi, aucun n’a conclu. Peut-être qu’elle est en errance médicale depuis des années et n’a plus la santé nécessaire, mais ni les mots, ni le diagnostique pour expliquer sa situation. Peut-être aussi qu’en effet, elle a eu la flemme de se lever ce matin-là.
Peu importe le niveau de confiance que l’on pense avoir instauré dans la relation d’accompagnement, nous ne pouvons jamais vraiment savoir ce qui se passe dans la vie ou dans la tête de l’autre…. Et ce n’est de toute façon pas souhaitable.
Les principes de l’approche systémique invitent tout accompagnant à comprendre dans quel système de croyances se placent les personnes, lui compris, afin de prendre de la distance pour éviter toute forme de jugement dans la relation. Toute action (ou non action) est simplement une information.
En travaillant de cette façon, une relation plus qualitative peut être garantie, et l’accompagnement a plus de chances de faire sens, tant pour le ou la professionnelle que pour la personne accompagnée. Avec cette approche, évoluer dans un cadre contraint n’empêche pas de se placer au service de l’accompagné.



